Nos corps étrangers

Roman de Carine Joaquim

La manufacture de livres

Un corps qui souffre est souvent le négatif d’une âme malmenée et chacun est plus ou moins conscient du phénomène.

Quand Stéphane décide de faire déménager sa famille à 40 minutes de RER de Paris c’est pour sauver ce qui reste de son couple et offrir à Elisabeth un atelier au calme où elle pourra peindre, tant pis si leur adolescente de fille déteste cette idée.

A la campagne, malgré les problèmes de sa fille au collège, Elisabeth semble s’épanouir, son corps va mieux. Stéphane lui découvre les longues heures de train et les aléas de la circulation plus ou moins régulière des RER, il déchante rapidement, mais que ne ferait-il pas pour se faire pardonner son ancienne infidélité…

Ami lecteur, il se peut que la suite de cette chronique en dise un peu trop pour qui sait lire entre les lignes de cette chronique et de la quatrième de couverture ! Rien ne va se passer comme tu crois que cela va se passer dans ce roman et chaque personnage décrit vaut que tu ailles jusqu’au bout de cet ouvrage puissant ! Vraiment. Si malgré tout tu souhaites poursuivre la lecture de cette chronique, sache que ce qui suit ne dit rien d’autre que mon ressenti de lectrice face aux mots de l’autrice, qu’il faut absolument découvrir.

Les mois passent. Carine Joaquim nous amène petit à petit dans le quotidien de ce couple à la dérive où chacun a son existence propre et où l’autre n’a pas, n’a plus sa place. Elle laisse entrevoir au lecteur le gouffre qu’il peut y avoir entre un homme et une femme alors que chaque soir tous se retrouvent autour de la table familiale. Pas de violence mais des âmes meurtries qui doucement réalisent qu’un autre avenir est possible, qu’il est à leur portée si elles voulaient bien admettre la réalité et accepter d’y faire face.

Le roman entraîne le lecteur dans le fol espoir que ces deux là vont s’en sortir même si rien n’est simple et que quelques détails sèment le doute. Le livre se dévore de plus en plus vite tant l’envie de voir les personnages heureux s’ancre rapidement dans le cerveau. Et puis il y a la fin, que vous lecteurs vous découvrirez aussi, puissante, comme un coup de poing dans nos certitudes à tous. Une fin qui ne laisse pas indifférent, qui fait s’interroger justement sur ce que nos corps peuvent porter de violence intérieure, de non-dits, nos corps étrangers oui.

Ce premier roman, très réussi pour moi, remue autant qu’il questionne. A lire absolument !

3 commentaires sur « Nos corps étrangers »

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