debout dans l’eau

Zoé Derleyn/Roman/la brune au rouergue/Editions du Rouergue, 2021

La filiation. Que reste-t-il quand les aînés disparaissent ? Comment nous construisons-nous en tant qu’individu au sein d’une famille ? Quel rôle joue le lieu dans lequel nous grandissons ? Quelles traces laisse-t-il en nous ? Vaste question.

La narratrice du roman, une enfant de onze ans, vit dans la ferme de ses grands-parents. Son grand-père est en train de mourir. Sa grand-mère, les infirmières, l’ouvrier agricole peuplent sa jeune vie d’enfant abandonnée par sa mère ; mais plus qu’eux, ce sont la ferme, sa cuisine, l’étang, la terre, les rudes chiens, la nature, les fruits,… qui sont les personnages principaux de ce roman. Ils laissent leur empreinte sur la toute jeune fille, bien plus que l’instruction qu’elle reçoit à l’école ou l’éducation que lui donnent ses grands-parents.

Le monde est simple vu par les yeux de la narratrice, il est une vraie plongée dans un univers fait des magies de l’enfance et d’une réalité teintée d’innocence. Presque une bouffée d’oxygène alors que la planète devient folle.

debout dans l’eau, joliment écrit par Zoé Derleyn, est là pour nous rappeler le bonheur des choses simples, la fragilité de la vie, son ephémérité, et la rassurante présence de l’eau, de la terre, immuables. Il n’y a rien de superflu dans ce roman, rien qui vienne parasiter ou compliquer le récit. Une fois le livre refermé, il reste au lecteur le sentiment rassurant que la mort n’est pas une chose si terrible finalement.

Et puis il fait remonter à ma mémoire de doux souvenirs…

L’odeur des grains de café fraîchement moulus dans un vieux moulin mécanique en bois, le bruit que faisait la manivelle en tournant. Mes doigts se rappellent encore de la texture toute particulière du couvre lit du lit d’appoint dans l’appartement de vacances de mes grands-parents. L’atmosphère du grenier au plus chaud de l’été avec ses vieux outils, ses piles de journaux, le panier en osier foncé, la tapisserie des toilettes, les filets de pêche séchant au soleil, les marches dévalées en courant et remontées difficilement juste pour sentir encore une fois les embruns et voir l’eau scintiller, autant de souvenirs qui font écho en moi alors que le temps passe et que, depuis longtemps, l’appartement a de nouveaux propriétaires.

Tout cela, et bien d’autres remarques ou habitudes de mes grands-parents, aujourd’hui disparus, demeurent gravées en moi et m’ont construite, que je le veuille ou non.

(c’est le deuxième effet kiss-cool du roman)

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